Homélies


6e Dimanche du Temps ordinaire


 Si nous avons été attentifs à la lecture des textes de la Parole de Dieu de ce 6e dimanche du temps ordinaire, nous avons bien perçu que nous touchions à de véritables choix qui authentifient notre volonté de vivre de l’Esprit Saint pour que s’accomplisse en nous la volonté de Dieu.

 
Le livre de Ben Sirac le Sage nous disait : « Si tu le veux… Il dépend de ton choix de rester fidèle… La vie et la mort nous est donnée selon notre choix. » Autrement-dit, Dieu donne des lois et des commandements au peuple de Dieu mais l’être humain est responsable de ses choix.
 
Ce choix de vivre pour Dieu, en accueillant la grâce de l’Esprit Saint, l’apôtre Paul l’appelle la Sagesse : « C’est à nous que Dieu, par l’Esprit, a révélé cette Sagesse ». Nous sommes ici au sommet de tout ce que l’Ancien Testament nous a déjà appris de la Sagesse de Dieu, du mystère de Dieu et qui s’est révélé en Celui qui est le parfait reflet de la sagesse de Dieu, à savoir le Christ, et qui nous communique la sagesse divine par son Esprit reçu au baptême « C’est à nous que Dieu, par l’Esprit, a révélé cette Sagesse ». 
 
Une précision de saint Paul est importante : cette sagesse de Dieu, sagesse du Christ, sagesse communiquée par l’Esprit Saint, n’a rien à voir avec la sagesse du monde ou avec la sagesse de ceux qui dominent le monde car cette sagesse là a conduit à crucifier le Seigneur de gloire. Là aussi, nous constatons que nous devons choisir entre la sagesse du monde et la sagesse de Dieu. Cette vraie sagesse ne s’acquiert pas par un effort humain, une intelligence, une culture, une science, mais par révélation du Père. Elle ne peut être découverte à l’homme que par l’Esprit de Dieu qui nous révèle tout le projet de Dieu, le mystère de notre salut, de notre vie éternelle car « l’Esprit voit le fond de toutes choses, et même les profondeurs de Dieu ». D’ailleurs, au verset juste après le passage que nous avons lu, saint Paul dira que la vraie sagesse « est un langage enseigné par l’Esprit ».
 
Ce que vient de nous dire saint Paul est important pour comprendre l’Evangile d’aujourd’hui. Souvenez-vous que nous lisons le 1er grand discours de Jésus dans l’évangile de saint Matthieu qui s’est ouvert avec les béatitudes, le chemin du bonheur. L’enseignement de Jésus à propos de la Loi est énoncé en terme d’accomplissement : « Ne pensez pas que je suis venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir. »
 
Le verbe « accomplir » dans la bible est assez précis. Il dit plus que simplement faire. Il traduit l’idée de plénitude, d’achèvement, de perfection, de quelque chose que l’on mène à son terme. Et pour qu’il y ait véritablement accomplissement, il faut attendre que « les temps soient accomplis », que nous soyons « à la plénitude des temps ». Or, le temps par excellence, la plénitude des temps s’accomplit en Jésus. D’ailleurs on entend souvent – chez saint Jean en particulier – l’expression : « afin que l’Ecriture s’accomplisse ». Et sur la croix, Jésus affirmera : « Tout est accompli ».
 
Ainsi, dans le passage que nous avons lu, Jésus, non seulement conduit la Loi et les commandements à leur accomplissement, mais il est lui-même l’accomplissement parfait de la Loi et des Prophètes. Et cet accomplissement parfait se réalise dans son sacrifice sur la Croix qui est le sommet de l’amour. C’est seulement là que Jésus pourra effectivement dire : « Tout est accompli ». Plus encore : arrivé à l’accomplissement parfait de l’amour sur la croix, le Christ a du même coup mené à l’accomplissement ceux qu’il sanctifie.
 
C’est donc à ce passage là que Jésus nous enseigne aujourd’hui. Il nous dit simplement : l’homme ne s’accomplit pas parfaitement par lui-même mais par Jésus mort et ressuscité pour nous et par son Esprit qui nous révèle la vraie sagesse de Dieu, son vrai désir pour l’homme. Il faut aller plus loin que la simple observance de la Loi ; il faut aller jusqu’à l’amour parfait, par la grâce de l’Esprit Saint. Notre vie n’est pas le résultat d’un échafaudage humain mais le fruit d’une fécondité divine menée à son accomplissement total par l’Esprit Saint.
 
Ainsi, tout l’évangile d’aujourd’hui est une invitation à choisir d’aller plus loin, non par ses seules forces – ce qui est impossible et décourageant – mais par la force et la puissance de l’Esprit Saint qui nous mène à notre accomplissement, à notre sanctification, au ciel. Voilà comment l’on peut comprendre ce refrain dans la bouche de Jésus : « On vous a dit… et bien moi je vous dis ». Va jusqu’à ton accomplissement parfait, comme moi je suis allé jusqu’à l’accomplissement parfait de toutes choses sur la Croix et par la Croix :
- On vous a parlé de la sagesse humaine ; moi je vous parle de la sagesse divine ;
- On vous a parlé des commandements, et bien moi je vous parle de l’Amour ; 
- On vous a parlé de la Loi ; et bien moi je vous parle de l’Esprit Saint qui vous sanctifie.
 
Ainsi, « je ne suis pas venu abolir, mais accomplir ».
 
 



dimanche 6 février 2011 : 5e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


 Ces textes d’Ecriture que l’Eglise nous donne d’entendre pour ce 5e dimanche du temps ordinaire se passeraient volontiers de commentaires ! Les mots de Jésus adressés à ses disciples sont clairs : Vous êtes le sel de la terre ; vous êtes la lumière du monde.

Le sel : ce qui donne goût et saveur aux aliments
La lumière : ce qui éclaire, ce qui illumine, ce qui attire.
 
Le disciple a pour mission de donner goût au monde dans lequel il vit et aux hommes qu’il rencontre.
Le disciple a pour mission d’éclairer le monde et les hommes de la lumière véritable : le Christ.
Ainsi, tout est dit de la direction à prendre, de la vocation et de la mission du disciple !
 
Mais nous savons bien que le plus difficile est toujours de VIVRE au jour le jour notre vocation, notre mission : être sel de la terre et être lumière du monde. 
Pour vivre ainsi, il y a tout un équilibre à trouver dans notre quotidien entre « ENFOUISSEMENT » (sel) et « RAYONNEMENT » (lumière).
 
Notre vie chrétienne est à vivre comme un ENFOUISSEMENT dans le monde, dans la pâte humaine pour RAYONNER, comme la lumière. Jésus est notre modèle par son ENFOUISSEMENT et sa vie cachée à Nazareth pendant 30 ans, puis son RAYONNEMENT de Dieu son Père durant sa vie publique.
 
Cet ENFOUISSEMENT n’est rien d’autre que vivre au cœur des réalités de notre monde, en s’immergeant dans le monde pour servir les hommes et les femmes que nous y rencontrons. A ce stade de notre vocation et de notre mission de baptisés, nous ne sommes pas différents des autres hommes, comme le signifie déjà au 2e siècle la Lettre à Diognète (d’un auteur inconnu) qui dit ceci :
Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas de dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier… Ils se répartissent dans les cités grecques et barbares, suivant le lot échu à chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements et la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle.
 
Avec le livre d’Isaïe que nous avons entendu, quelque chose est dit de l’ordinaire à vivre, de L’ENFOUISSEMENT, à l’exemple du sel pour prétendre RAYONNER, à l’exemple de la lumière :
• partage ton pain avec celui qui a faim ;
• recueille chez toi le malheureux sans abri ;
• couvre celui que tu verras sans vêtement ;
• ne te dérobe pas à ton semblable.
 
Et Isaïe poursuit en disant :
« Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi. »
 
Merveilleux texte qui rappelle à chaque disciple du Christ qu’il est le « sel de la terre » et la « lumière du monde ». C’est parce que tu seras « sel » que tu seras « lumière ». C’est par une vie « enfouie » que tu « rayonnera » de la lumière même de Dieu. Mais il nous faut tenir les deux : être sel et être lumière. Il est essentiel d’être « sel de la terre », de vivre un enfouissement au quotidien et dans les réalités humaines, sociales, politiques, pour conduire à la lumière de Dieu les hommes et des femmes de ce temps. Notre enfouissement doit aller jusqu’au « rayonnement ». Non pas rayonner de soi, mais rayonner de Celui qui est la lumière : je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, dit Jésus. Ou encore : La lumière est venue dans le monde… Dieu est lumière.
 
Ainsi, je ne suis pas disciple pour arrêter les choses à moi, mais pour orienter vers le Christ, et, par le Christ, à Dieu, source de la lumière. Le rayonnement de ma vie n’est autre que le rayonnement du Christ Lumière que je reflète comme un miroir. Et ma vie chrétienne, si elle est « sel » et « lumière » doit conduire à Celui qui en est la source, doit nommer la source, doit désigner la source, doit orienter vers la source : En voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est dans les cieux. Voilà le but de ma mission et de ma vocation de baptisé : conduire à la vraie lumière qui est Dieu.
 
Si le Seigneur a lui-même a donné goût à ma vie et l’a illuminée, et s’il me demande d’être à mon tour « sel de la terre » et « lumière du monde », c’est pour qu’il soit Lui-même Celui qui donnera goût et illuminera la vie des hommes et des femmes de notre monde.
 
Retenons que l’enfouissement et le rayonnement sont l’illustration de la parole du Seigneur : « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde ».
 
 



23 Janvier 2012 - 3e Dimanche du Temps ordinaire (Dimanche de l'Unité des chrétiens)


 La semaine de l’Unité — et aujourd’hui le Dimanche de l’Unité — nous invitent à prier et réfléchir autour du thème : Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière (cf. Ac 2, 42). Pour cela, partons d’abord des textes bibliques de ce 3e dimanche du temps ordinaire.

 
Nous pouvons comprendre le choix qui a été fait de la 1ère lecture, la prophétie d’Isaïe, car elle est reprise dans l’Evangile par Jésus lui-même. Il parle de cette prophétie comme d’une prophétie accomplie : « Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe ». Il énonce cette prophétie, précisément parce qu’il se trouve en Galilée dans les territoires de Zabulon et de Nephtali, comme l’évoquait le prophète Isaïe, pour annoncer que « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ce qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée ». Ainsi, Jésus se présente comme la lumière qui se lève sur les ténèbres. 
 
Et, « à partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ». C’est l’invitation de Jésus à se convertir, c’est-à-dire préférer la lumière aux ténèbres.
 
Mais c’est peut-être avec Saint Paul, dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, que l’appel à l’unité est encore le plus fort : « Qu’il n’y ait pas de division entre vous… Le Christ est-il donc divisé ? » 
 
Les Corinthiens auxquels Paul se réfère se sont bien convertis au Christ. Mais ils ont très vite constitué de petits groupes fermés en se réclamant d’un apôtre ou d’un disciple particulier: « Chacun de vous prend parti en disant : Moi, j’appartiens à Paul, ou bien j’appartiens à Apollos, ou bien j’appartiens à Pierre, ou bien j’appartiens au Christ ». C’est là un scandale que Paul condamne avec force pour rappeler qu’il n’y a qu’un Christ mort et ressuscité.
Ainsi, on peut en conclure, dans un premier temps, que la foi ne doit pas avoir d’autre référence que le Christ, quels que soient les disciples qui l’annoncent. Le Christ est la référence première de toute démarche œcuménique. St Paul le dit ainsi : « le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Evangile ». Annoncer l’Evangile, c’est annoncer l’unique Christ-Lumière et Sauveur de l’homme.
 
Dans ce chemin vers l’unité, il y a des réalités importants à vivre ensemble, autour du Christ, avant même toute désignation de nos différences. On peut citer quelques exemples :
- les groupes bibliques œcuméniques, par exemple en Avignon.
- Des rencontres simples et fraternelles entre communautés chrétiennes, signifiant que le Christ est au milieu d’elles. Ce fut le cas pour l’apéritif œcuménique qui s’est déroulé cette semaine invitant les chrétiens à se connaître, à se rencontrer, à échanger.
- Les groupes de prières œcuméniques qui permetttent à des chrétiens encore séparés de faire monter leur prière commune et unique, appelant ensemble Dieu du nom de Père. 
- Tout récemment encore, la publication de la nouvelle TOB (Trad. Œcuménique de la Bible) qui exprime bien le travail et la collaboration de toutes les Eglises chrétiennes pour disposer d’une Parole de Dieu commune.
 
Dans toutes ces initiatives – et tant d’autres encore – on peut entendre la parole de Jésus dans l’évangile comme un appel très fort, lorsqu’il dit aux premiers apôtres : « Venez derrière moi » Comprenons bien : qu’aucune Eglise ne passe devant Jésus avec le risque de causer la division, mais au contraire, que chaque Eglise reste bien à sa place avec le désir unique de suivre Jésus : « Venez derrière moi ».
 
Car il y a toujours une tentation de domination dans la recherche d’Unité, domination d’une Eglise sur les autres Eglises, en oubliant ainsi le Christ comme unique Pasteur, comme unique fondement de l’Eglise, comme unique Sauveur, comme unique Lumière. Ce qui veut dire que l’œcuménisme passe par la pauvreté et l’humilité, par l’obéissance au Christ, par la pauvreté du cœur, par une foi au Christ toujours à convertir.
 
Enfin, sur le chemin de l’Unité, il y a trois actions communes entre Eglises séparées et qui sont la marque d’un réel travail de collaboration en vue de la pleine communion : 
- il y a d’abord l’évangélisation qui est l’annonce de la Bonne Nouvelle du Christ Sauveur. En accomplissant cette mission, à l’égal des disciples de Jésus, nous sommes sur la voie de l’unité car c’est le Christ qui nous unit pour l’annoncer. Annoncer ensemble le Christ est une grande œuvre œcuménique à laquelle nos Eglises sont appelées. 
 
- Il y a ensuite la prière. Par elle, nous élançons nos cœurs vers Dieu en rejoignant le désir du Christ qui nous appelle à l’unité : « Qu’ils soient un ». Dans la prière, l’Esprit Saint créé l’unité et la façonne pour nous découvrir ensemble fils de Dieu et frère des hommes, dans le Christ.
 
- Il y a enfin le service de la charité. Puisqu’en tout homme nous voulons reconnaître la présence de Dieu, sachons qu’en servant ensemble les hommes nous servons ensemble Dieu ; et ce service est créateur d’unité profonde puisque nous agissons au nom même du Christ.
 
Que dans cette eucharistie le Seigneur nous ouvre à son appel pour l’unité par les chemins simples que je viens d’évoquer (l’évangélisation, la prière, la charité). Ainsi, nous serons un peu plus fidèle et un peu plus proche du thème de la semaine de prière : Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière.
 
 



16 janvier 2012 - 2e Dimanche du Temps ordinaire


 Chaque année, vous le savez, du 18 au 25 janvier a lieu la Semaine de Prière pour l’Unité des chrétiens. 

 
Pour celui qui suit un peu les évolutions et le dialogue œcuménique, de réels progrès ont été accomplis et les papes Jean-Paul II puis Benoît XVI en ont fait une priorité de leur pontificat. Aujourd’hui, on peut dire que l’Eglise ne fera pas marche arrière mais poursuivra sa quête indispensable vers l’unité des chrétiens, pour qu’un jour nous puissions tous nous asseoir à la même table et communier ensemble à l’unique eucharistie. Ce jour là, on pourra dire que l’unité est enfin accomplie, selon le désir même du Christ qui a prié le Père pour que nous soyons tous unis, uns dans la foi et la charité.
 
Ce rappel important de ce que le Christ et l’Eglise désirent ensemble pour que notre unité soit parfaite, ne me fait pas oublier les textes bibliques de ce deuxième dimanche du temps ordinaire. Et l’on pourrait se poser la question suivante : en quoi nous aident-ils à vivre et célébrer la semaine de l’Unité ?
 
En considérant d’abord le passage du livre du prophète Isaïe, on peut s’arrêter sur le passage où il est question du Serviteur de Dieu qui reçoit une mission : « Je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. ».
 
Si l’on pense immédiatement que ce serviteur de Dieu s’est pleinement manifesté en Jésus, la lumière des nations, on doit aussi penser que l’Eglise est à sa suite la lumière des nations, lumen gentium, comme en parle le concile Vatican II, pour que le salut accompli par le Christ parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.
 
Ainsi on peut dire que la mission commune d’évangélisation fait de toute l’Eglise la lumière qui éclaire les nations et les hommes pour leur faire connaître la bonne nouvelle du salut. Si chaque Eglise chrétienne a conscience de cette mission, la perspective de l’Unité renforcera la conviction qu’ensemble nous sommes encore plus lumineux pour être la « lumière des nations » grâce à la même foi et dans la même charité. C’est ainsi qu’Isaïe nous stimule aujourd’hui pour œuvrer toujours plus pour l’unité des chrétiens.
 
Avec l’apôtre Paul qui salue les chrétiens de Corinthe, nous découvrons la profondeur de sa vision de l’Eglise : « Je m’adresse à vous qui êtes, à Corinthe, l’Eglise de Dieu, vous qui avez été sanctifiés dans le Christ Jésus, vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ »
 
Comment ne pas se réjouir de cette belle affirmation de foi sur l’Eglise. Non seulement l’Eglise de Corinthe, mais aussi l’Eglise universelle, l’Eglise de Dieu, « sanctifiée dans le Christ », l’Eglise qui est « peuple de Dieu », l’Eglise qui comprend « tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ ».
 
Paul nous ouvre ainsi à une dimension d’Eglise bien plus large que chacune de nos Eglises séparés, une vision d’Eglise unie et indivise, sanctifiée, peuple de Dieu. Nous voyons là la réalisation de ce que nous espérons et attendons en priant cette semaine pour que se reconstruise dans la communion et l’unité l’Eglise de Dieu, le Peuple saint, le peuple qui intercède en invoquant le nom du Christ.
 
Quant à l’évangile de saint Jean, il nous fait contempler « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » mais également « celui qui baptise dans l’Esprit Saint ».
Une des caractéristiques du mouvement œcuménique fut de ramener chacune des Eglises à la source de la foi chrétienne, à savoir le Christ, et se laisser transformer en profondeur par l’Esprit Saint, l’Esprit d’unité.
 
S’il n’y a aucun doute sur le fait que nous croyons au Christ, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, et aucun doute aussi sur le fait que notre baptême commun est un baptême dans l’Esprit Saint, nous devons maintenant nous laisser convertir ensemble par l’Agneau de Dieu qui nous a libérés de nos péchés (en particulier le péché de division), et nous devons nous laisser convertir par l’Esprit Saint que nous avons reçu à notre baptême. Dit d’une autre façon : Puisque l’Agneau de Dieu nous a sauvés et que son Esprit nous a sanctifiés au baptême, nous ne pouvons pas continuer à vivre séparés. Il y a urgence pour vivre dans la pleine communion la réalité de notre salut et de notre sanctification. 
 
Voilà bien le sens de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui ravive en nous le désir de voir la prière du Christ exaucée et le désir incontestée aujourd’hui de toutes les Eglises chrétiennes de vivre en pleine communion. C’est ce que nous demanderons dans l’eucharistie de ce jour où nous sera donné d’entendre la parole de Jean-Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » ; et nous penserons au péché de l’Eglise, le péché de désunion et de division. Mais en même temps, nous vivrons dans la certitude que Celui qui baptise dans l’Esprit Saint continue de communiquer à tous les baptisés son Esprit Saint qui réalise déjà l’unité et qui nous sanctifie chaque jour un peu plus.
 
 


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