Homélies


4e Dimanche de CAREME


 Notre chemin de Carême se poursuit et nous invite aujourd’hui à redécouvrir le visage de la miséricorde divine.

 
En regardant d’un peu près l’ensemble du chapitre 15 de saint Luc, nous trouvons une série de trois paraboles sur la joie de retrouver ce qui était perdu, avec, d’une part, une progression intéressante de l’une à l’autre des paraboles :
la joie d’avoir retrouvé 1 brebis sur 100
la joie d’avoir retrouvé 1 pièce sur 10
la joie d’avoir retrouvé 1 fils sur 2. (Il est tellement plus important de retrouver un fils qu’une brebis...)
 
Ici, la parabole n’est pas uniquement centrée sur la conversion du fils prodigue, mais sur la révélation de l’amour du Père, sur la miséricorde de Dieu. Et c’est précisément en comprenant l’amour du Père que nous pouvons nous découvrir alors comme fils pardonné (fils cadet) et fils appelé à pardonner (fils aîné)
 
QUEL EST LE VISAGE DE MISERICORDE DE DIEU ?
Le père de la parabole est une icône de la miséricorde divine :
Il accepte de partager l’héritage et il respecte la liberté du fils cadet qui a décidé de s’affranchir. 
Il va entrer ensuite dans le temps de la longue attente, d’une attente vigilante qui fait qu’il est le premier à apercevoir son fils qui revient « alors qu’il était encore loin ».
Il court d’impatience de le revoir et il montre son amour et sa tendresse en se jetant à son cou et en le couvrant de baisers (ce qui est le symbole du pardon).
• Il est « saisi de compassion » dans la joie de revoir son fils, bien qu’il le retrouve dans un triste état, souffrant avec lui.
• Lorsque vient le temps de l’aveu, le père ne tient pas compte du jugement que porte le fils sur lui-même : « je ne mérite plus d’être appelé ton fils » ; Le père n’adresse aucun reproche ni aucune correction. Il va rendre un autre héritage, non pas d’argent, mais l’héritage qui fait qu’à nouveau celui qui était parti redevient son fils :
• la plus belle robe qui va remplacer ses vêtements de misère et restaure sa dignité de fils ;
• un anneau au doigt, signe d’une alliance retrouvée et d’un lien restauré entre père et fils ;
• enfin des sandales aux pieds, à la fois tenue de l’homme libre et préparation symbolique au repas de fête.
• Ensuite, le père invite toute sa maison à partager sa joie, à manger le veau gras et à festoyer.
• Enfin, le père va s’employer à convaincre le fils aîné de participer à la joie commune car il ne l’aime pas moins que l’autre et il le lui prouve en l’appelant « mon enfant » et en rendant hommage à sa fidélité : « tu es toujours avec moi, tout ce qui est à moi est à toi » Et son rôle va alors être de restaurer la fraternité entre les deux fils. Il montre là qu’il est, lui, le père, la source de la fraternité entre frères.
 
Que nous apprend ce rapide parcours sur Dieu miséricordieux ?
Avec cette parabole, on connaît maintenant l’amour de Dieu pour chacun de nous : il nous laisse la liberté de le quitter mais il attend notre retour et patiente dans la vigilance, il court au devant de nous quand nous revenons vers lui, il nous manifeste immédiatement sa tendresse avant même de savoir où est notre péché, quel est notre péché ; il nous restaure dans notre dignité de fils ; il fête la joie du retour ; enfin, il restaure les liens fraternels qui m’unissent à tous les hommes.
 
Ainsi, tout pécheur peut, sans crainte, revenir à Dieu comme l’a fait le prodigue qui avait demandé sa part d’héritage matériel et qui, en revenant, reçoit le véritable héritage du fils.
 
 
QUEL APPEL POUR NOUS DEVANT CE VISAGE DE LA MISERICORDE DE DIEU ?
Pour répondre à cette question, il faut nous tourner vers l’apôtre Paul qui, dans sa 2e lettre aux Corinthiens nous livre une très belle méditation sur la miséricorde de Dieu et nous lance 3 appels :
 
1er appel : St Paul nous aide d’abord à contempler le visage de la miséricorde en Dieu qui est la source de notre foi chrétienne : « Il nous a réconciliés avec lui, par Le Christ… car c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui ; il effaçait pour tous les hommes le compte de leurs péchés. »
 
Cette certitude là appartient au christianisme, appartient à chaque baptisé. C’est la certitude de la miséricorde  et de la réconciliation tant désirée de Dieu, pleinement réalisée en son Fils Jésus. C’est aussi la certitude que le mystère pascal du Christ mort et ressuscité a supprimé la dette que nous avions envers Dieu, dette du péché.
 
2e appel : Saint Paul nous invite aussi à voir quelles sont les conséquences d’une telle surabondance d’amour de Dieu, d’une telle miséricorde manifestée en Jésus qui nous a réconciliés avec Dieu. Puisque nous avons été réconciliés avec Dieu, « il nous a donné pour ministère de travailler à cette réconciliation… Nous sommes donc les ambassadeurs du Christ. »
 
En effet, le fait même de savoir que nous avons été réconciliés avec Dieu par le Christ nous invite à l’exprimer dans notre vie en étant nous-mêmes des artisans de la réconciliation, des bâtisseurs d’unité, en travaillant autant que nous le pouvons à la réconciliation entre les hommes puisque, nous disait saint Paul, « il a effacé les péchés de tous les hommes ». Ce que j’ai moi-même reçu par pure grâce, il m’appartient de le révéler aux autres.
3e appel : Saint Paul nous le dit lui-même : « C’est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous le demandons, laissez-vous réconcilier avec Dieu ». En ce temps de Carême, ne manquons pas le rendez-vous de la réconciliation, en particulier la réconciliation sacramentelle. En effet, nous célébrons dans ce sacrement de la réconciliation la miséricorde infinie du Père qui nous rejoint là où nous en sommes de notre vie, une miséricorde qui se renouvelle et qui se dit par l’Eglise et me permet de vivre l’évangile d’aujourd’hui : le retour du fils vers son Père.
 
Que le temps du Carême soit donc pour nous tous un vrai temps de grâce pour nous réconcilier avec Dieu et avec nos frères
 
 



3e Dimanche de CAREME


 Aujourd’hui, la discussion que Jésus tient avec les gens qui l’interrogent peut sembler un peu caduque. Il est fort peu probable de trouver des personnes qui considèreraient comme une punition divine ou comme la conséquence logique d’un péché particulier, une mort accidentelle. Les victimes d’une catastrophe naturelle ou d’un attentat terroriste ne seraient pas, du fait du drame qui les atteint, comptées parmi les plus grands pécheurs. Nous avons bien conscience que ce serait déplacé, puisque cela reviendrait à considérer que ceux qui sont épargnés sont davantage conformes à la volonté de Dieu sur eux. Nous qui sommes rassemblés ce matin ne nourrissons certainement pas d’illusion de ce genre.

 

Pourtant cet exemple continue d’être lu et médité dans la liturgie. Il nous apprend en effet quelque chose de fondamental : il nous montre combien le monde s’égare dans ses raisonnements et que, pour trouver le chemin de la vérité, il faut penser différemment, il faut penser du point de vue de Dieu. Dans notre société où tout le monde se déresponsabilise, Dieu en particulier - et la religion en général - font en effet figure de responsables idéaux, de coupables parfaits. Aujourd’hui, nous imaginerions facilement que les catastrophes naturelles disent l’impuissance de Dieu à faire le bonheur des hommes ou bien sa volonté de leur nuire. En somme, Dieu serait responsable du mal.


La première lecture nous aide à reprendre les choses à la base. Elle raconte comment Dieu révèle à Moïse son visage, comment il lui dévoile son cœur de Père. Le Seigneur ne se définit pas par sa puissance, par la grandeur de ses actes ou de ses pensées, il ne met pas en avant tout ce que nous lui devons. Quand Dieu se révèle, il manifeste sa proximité avec l’homme. « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple » ; Oui, je connais ses souffrances ». Voici donc un Dieu qui aime son peuple ! Cette révélation confiée à Moïse sera désormais le socle de la foi d’Israël, la pierre angulaire sur laquelle les croyants peuvent s’appuyer pour traverser l’histoire. Dieu est à la fois le Tout-Puissant, le Tout-Autre, et il est le Tout-Proche.


Cette base empêche de dénoncer Dieu comme responsable de tous les maux qui frappent les hommes. Saint Paul prend alors la suite de l’enseignement lorsqu’il dit : « cessez de récriminer contre Dieu ». Il nous invite à tourner encore nos regards vers Moïse et ses compagnons car cette génération n’a cessé de se plaindre et de se révolter contre Dieu : à quoi bon nous délivrer de l’Égypte, disait-elle, si c’est pour nous faire mourir dans le désert. Pourtant y-a-t-il une autre génération qui ait bénéficié d’autant de grâce, d’une manifestation aussi tangible de la présence du Seigneur à ses côtés ? Les malheurs qui surviennent dans la vie d’un homme ne sont donc jamais la preuve que le Seigneur l’a abandonné.


Faut-il imaginer que Dieu se venge de leur révolte ? « La plupart n'ont fait que déplaire à Dieu, et ils sont tombés au désert », semble confirmer l’apôtre. Mais il précise : « ces événements étaient destinés à nous servir d'exemple, pour nous empêcher de désirer le mal comme l'ont fait nos pères ». Saint Paul explique ainsi que le péché est un esclavage dont le Christ nous a libérés mais que nous pouvons avoir la bêtise de reprendre. Ainsi, malgré la présence protectrice du Seigneur et l’offre de son appui sur nos routes, nous pouvons choisir une fatale émancipation.


Celui qui choisit le péché choisit donc le chemin de la mort. Mais les maux qui peuvent frapper un homme ne sont pourtant pas la punition de son péché personnel, nous assure Jésus : « Pensez-vous que ces Galiléens étaient de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, pour avoir subi un tel sort ? Eh bien non, je vous le dis ». Son discours n’est pourtant pas rassurant pour autant : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous comme eux ». Il y donc réellement un lien entre le mal subi et le péché, mais ce lien se noue à l’échelle de l’humanité. Dieu ne cherche pas à accabler le pécheur, au contraire il veut qu’il vive. Mais il existe une solidarité entre les hommes, car ils sont frères. Ainsi, tout homme qui renonce à la conversion et cède au péché, accable l’ensemble de ses frères.


Nous voici fermement invités à nous décider pour le Christ, à vivre radicalement de son évangile. Cette responsabilité ne concerne pas seulement le salut de notre âme mais elle est celle que nous avons envers nos frères. Il n’est donc pas possible de la remettre à demain, ni de reporter notre rapprochement du Seigneur aux temps futurs et hypothétiques où nous en ressentirons davantage le besoin. Tous les hommes sont pécheurs et tous ont à se convertir avant l’heure du jugement.


Pour nous fortifier sur cette route exigeante, contemplons avec reconnaissance le vigneron miséricordieux. Il n’approuve pas tout ce que nous faisons. Mais il garde l’espérance. Il continue de croire en nous. Voilà trois ans que malgré les bons traitements reçus du jardinier, nous ne donnons pas de figues. Mais cette année encore le maître du domaine prend patience. Convertissons-nous, il y a urgence, cessons de remettre au lendemain les choix difficiles de certains renoncements. Nous n’avons rien à craindre, nous n’avons rien à perdre. Celui qui nous appelle se nomme « Je suis ». C'est-à-dire celui qui était avec nous aux jours de malheur, celui qui est avec nous dans nos traversées de désert, celui qui restera avec nous quoi qu’il arrive. Il est fidèle celui qui nous appelle à la liberté. Acceptons le don qu’il nous fait, rejetons tous nos esclavages, choisissons d’être libres, libres d’aimer et de vivre.

 



1er DIMANCHE DE CARÊME


 Le temps du Carême est donc commencé ! L’horizon qu’il annonce ne fait aucun doute : c’est la résurrection. Le carême est toujours une marche dont nous connaissons le but : Pâques. Là est la certitude qui nous habite et que nous célébrons en chaque eucharistie, particulièrement le dimanche qui est le jour où nous faisons mémoire de la résurrection du Christ qui inaugure notre propre résurrection.

 
Ce chemin qui va du mercredi des cendres au dimanche de Pâques nous invite à contempler le chemin que Jésus a parcouru depuis ses 40 jours au désert jusqu’au matin de la résurrection. C’est en contemplant ce chemin du Christ – en prenant appui sur les évangiles – que nous pouvons comprendre notre propre chemin de vie. En prenant appui sur les textes bibliques de ce 1er dimanche de Carême, essayons de repérer trois aspects pouvant nous aider à vivre le carême, et plus encore notre vie spirituelle.
 
1er aspect : Avec Jésus, nous sommes vainqueurs du désert et des combats contre Satan
Aujourd’hui, l’évangile de la tentation de Jésus au désert, juste après son baptême et au commencement de son ministère, nous enseigne sur un aspect essentiel du Carême et plus généralement de la vie spirituelle qui est tout à la fois une traversée du désert et un combat.
 
Tout est dit dans le début de l’évangile : « Après son baptême, Jésus, rempli de l’Esprit Saint, quitta les bords du Jourdain ; il fut conduit par l’Esprit à travers le désert où, pendant quarante jours, il fut mis à l’épreuve par le démon. »
 
Dès le début de sa vie publique, Jésus au baptême reçoit de son Père la marque indélébile de sa filiation : « Tu es mon Fils bien-aimé ; tu as toute ma faveur ». La Parole du Père marque de son amour son Fils pour toujours. Un amour sans retour, indéfectible, sûr et qui jamais ne pourra être remis en cause. C’est l’engagement absolu du Père pour son Fils. 
 
Dans sa traversée du désert, Jésus va connaître la tentation d’être détourné de cet Amour du Père par trois fois, précisément sur sa condition de « Fils de Dieu ». Mais la puissance de l’Esprit Saint dont il est revêtu depuis son baptême sera plus forte que toutes les tentations et tous les combats. L’Amour du Père et de l’Esprit Saint viendront attester – au cœur des tentations – que Jésus est Fils de Dieu. Rien ne pourra effacer ou détruire cette filiation que Satan aurait voulu détruire. Satan ne pourra donc plus rien sur Jésus, Fils de Dieu, sur Jésus rempli de l’Esprit Saint.
 
Frères et Sœurs, nous aussi nous avons été baptisés ! Nous aussi nous avons reçu le beau titre de « Fils bien-aimé ». Nous aussi nous avons été marqué à jamais de l’Amour de Dieu qui jamais ne pourra être remis en cause. Nous aussi nous avons été remplis de l’Esprit Saint au jour de notre baptême.
 
A partir de là, notre vie peut connaître le désert et l’aridité de la foi, les épreuves et les combats, les tentations et les nuits, mais nous savons – grâce à Jésus – que rien ne pourra nous séparer de l’Amour du Père. Saint Paul s’adressant aux Romains leur dit ce que nous devons entendre nous aussi aujourd’hui : « Tous ceux qui invoqueront le nom du Seigneur seront sauvés ». Alors, quels que soient les assauts de Satan, des puissances du mal, nous sommes assurés qu’il y a un vaincu, Satan, et un vainqueur, Dieu et son Fils Jésus. Et jusqu’au terme de notre vie qui sera marquée par la mort, nous ne pouvons douter de la victoire du Père qui accomplira ce qu’il a signifié au jour de mon baptême, et me dira en cet instant « tu es mon Fils bien-aimé », bénéficiaire de la victoire du Christ qui a déjà – comme le dit la finale de l’évangile – « épuisé toutes les formes de tentation », bénéficiaire de la victoire de l’Esprit Saint dont je suis rempli depuis mon baptême.
 
Alors, s’il y a désert et combat spirituel dans ma vie, j’en connais l’issu et le terme. Je sais où je vais, je sais ce qui m’attend, je sais en qui j’ai mis ma foi. Citons ncore saint Paul : « Lors du jugement, aucun de ceux qui croient en lui n’auront à le regretter ». Et ce n’est pas pour rien si au terme du Carême, dans la nuit pascale, je serai invité à renouveler les promesses de mon baptême et à proclamer ma foi.
 
2e aspect : Avec Jésus, faisons mémoire de son offrande au Père
Je prends appui ici sur la 1ère lecture, le livre du Deutéronome qui est comme le « mémorial » originel de l’eucharistie : « Lorsque tu présenteras les prémices de tes récoltes, le prêtre recevra de tes mains la corbeille et la déposera devant l’autel du Seigneur ton Dieu ». Ici, le peuple de Dieu, par un geste liturgique, rend grâce à Dieu en offrant les premiers fruits des récoltes et en faisant mémoire de sa propre histoire et de son installation en Terre Promise : « Le Seigneur nous a fait sortir d’Egypte… Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays ruisselant de lait et de miel ». Avant Jésus, le peuple de Dieu a fait l’expérience du désert et des épreuves, et il en est sorti victorieux grâce au Seigneur et il est entré dans la Terre Promise.
 
Qu’est-ce que l’eucharistie sinon le mémorial de ce que Dieu a fait aussi pour nous. Déjà dans la première alliance mais surtout dans l’alliance nouvelle qui culmine dans le mystère pascal dont nous faisons mémoire en chaque eucharistie.
 
Le drame de beaucoup de chrétiens aujourd’hui, c’est l’oubli du baptême, c’est-à-dire de la Parole du Père qui me redit sans cesse « Tu es mon Fils bien-aimé », et l’oubli de l’eucharistie qui est le mémorial, le souvenir de l’acte majeur du Christ sur la croix par lequel nous sommes sauvés. Quand un chrétien oubli qu’il est Fils bien-aimé du Père et oublie qu’il est sauvé, il ne lui reste plus rien de la foi ! Or, précisément, l’eucharistie est la nourriture qui est notre force pour le désert et le combat. L’eucharistie – comme le dira l’oraison après la communion – « nourrit la foi, fait grandir l’espérance et donne la force d’aimer ». Ainsi, faire mémoire, c’est se garder d’oublier.
 
3e aspect : Avec Jésus, appuyons-nous sur la Parole de Dieu.
Comment Jésus a t-il gagné le combat contre Satan ? En s’appuyant sur la Parole de Dieu et en répondant toujours : « Il est écrit … » C’est ce qui a fait que Satan s’est éloigné de Jésus. La puissance de la Parole de Dieu est réelle et nécessaire dans nos déserts et nos combats. Elle laisse la parole à Dieu quand Satan tente de nous en détourner. C’est une arme véritable et essentielle dans le combat spirituel. Encore faut-il la lire et la méditer chaque jour. 
 
Ce que nous voyons aujourd’hui de Jésus dans son combat contre le démon, nous montre bien qu’il n’y a pas de victoire possible autrement qu’avec la Parole de Dieu et l’une des grâces du Carême est bien de nous appeler à lire et relire la Parole de Dieu. C’est aussi l’appel de saint Paul aujourd’hui dans sa lettre aux Romains : « La Parole de Dieu est près de toi, elle est dans ta bouche et dans ton cœur. Cette parole, c’est le message de la foi que nous proclamons. »
 
« Ignorer les Ecritures, c’est ignorer le Christ », écrivait saint Jérôme. En ce carême, tachons d’être moins ignorant des Ecritures en les fréquentant un peu plus. Elles nous disent tout sur Jésus, tout sur l’Amour du Père et le don de l’Esprit, tout sur notre vie spirituelle, tout sur le sens du Carême et de notre conversion, tout sur le mystère pascal, tout sur tout ! Ne manquons pas ainsi d’aller à la source de notre foi et comme Jésus, appuyons-nous sur la Parole de Dieu pour vivre et combattre. Elle est notre seul appui et notre seule force pour croire.
 
Voilà ces trois aspects que je voulais souligner au début du Carême pour aller à la rencontre du Christ ressuscité :
- Avec Jésus, nous sommes vainqueurs du désert et des combats contre Satan ;
- Avec Jésus, faisons mémoire de son offrande au Père ;
- Avec Jésus, appuyons-nous sur la Parole de Dieu.
 
Alors, bon Carême.
 
 


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