Homélies


dimanche 6 février 2011 : 5e DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE


 Ces textes d’Ecriture que l’Eglise nous donne d’entendre pour ce 5e dimanche du temps ordinaire se passeraient volontiers de commentaires ! Les mots de Jésus adressés à ses disciples sont clairs : Vous êtes le sel de la terre ; vous êtes la lumière du monde.

Le sel : ce qui donne goût et saveur aux aliments
La lumière : ce qui éclaire, ce qui illumine, ce qui attire.
 
Le disciple a pour mission de donner goût au monde dans lequel il vit et aux hommes qu’il rencontre.
Le disciple a pour mission d’éclairer le monde et les hommes de la lumière véritable : le Christ.
Ainsi, tout est dit de la direction à prendre, de la vocation et de la mission du disciple !
 
Mais nous savons bien que le plus difficile est toujours de VIVRE au jour le jour notre vocation, notre mission : être sel de la terre et être lumière du monde. 
Pour vivre ainsi, il y a tout un équilibre à trouver dans notre quotidien entre « ENFOUISSEMENT » (sel) et « RAYONNEMENT » (lumière).
 
Notre vie chrétienne est à vivre comme un ENFOUISSEMENT dans le monde, dans la pâte humaine pour RAYONNER, comme la lumière. Jésus est notre modèle par son ENFOUISSEMENT et sa vie cachée à Nazareth pendant 30 ans, puis son RAYONNEMENT de Dieu son Père durant sa vie publique.
 
Cet ENFOUISSEMENT n’est rien d’autre que vivre au cœur des réalités de notre monde, en s’immergeant dans le monde pour servir les hommes et les femmes que nous y rencontrons. A ce stade de notre vocation et de notre mission de baptisés, nous ne sommes pas différents des autres hommes, comme le signifie déjà au 2e siècle la Lettre à Diognète (d’un auteur inconnu) qui dit ceci :
Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par le langage, ni par les vêtements. Ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils ne se servent pas de dialecte extraordinaire, leur genre de vie n’a rien de singulier… Ils se répartissent dans les cités grecques et barbares, suivant le lot échu à chacun ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements et la nourriture et la manière de vivre, tout en manifestant les lois extraordinaires et vraiment paradoxales de leur république spirituelle.
 
Avec le livre d’Isaïe que nous avons entendu, quelque chose est dit de l’ordinaire à vivre, de L’ENFOUISSEMENT, à l’exemple du sel pour prétendre RAYONNER, à l’exemple de la lumière :
• partage ton pain avec celui qui a faim ;
• recueille chez toi le malheureux sans abri ;
• couvre celui que tu verras sans vêtement ;
• ne te dérobe pas à ton semblable.
 
Et Isaïe poursuit en disant :
« Si tu fais disparaître de ton pays le joug, le geste de menace, la parole malfaisante, si tu donnes de bon cœur à celui qui a faim, ta lumière se lèvera dans les ténèbres et ton obscurité sera comme la lumière de midi. »
 
Merveilleux texte qui rappelle à chaque disciple du Christ qu’il est le « sel de la terre » et la « lumière du monde ». C’est parce que tu seras « sel » que tu seras « lumière ». C’est par une vie « enfouie » que tu « rayonnera » de la lumière même de Dieu. Mais il nous faut tenir les deux : être sel et être lumière. Il est essentiel d’être « sel de la terre », de vivre un enfouissement au quotidien et dans les réalités humaines, sociales, politiques, pour conduire à la lumière de Dieu les hommes et des femmes de ce temps. Notre enfouissement doit aller jusqu’au « rayonnement ». Non pas rayonner de soi, mais rayonner de Celui qui est la lumière : je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marche pas dans les ténèbres, dit Jésus. Ou encore : La lumière est venue dans le monde… Dieu est lumière.
 
Ainsi, je ne suis pas disciple pour arrêter les choses à moi, mais pour orienter vers le Christ, et, par le Christ, à Dieu, source de la lumière. Le rayonnement de ma vie n’est autre que le rayonnement du Christ Lumière que je reflète comme un miroir. Et ma vie chrétienne, si elle est « sel » et « lumière » doit conduire à Celui qui en est la source, doit nommer la source, doit désigner la source, doit orienter vers la source : En voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est dans les cieux. Voilà le but de ma mission et de ma vocation de baptisé : conduire à la vraie lumière qui est Dieu.
 
Si le Seigneur a lui-même a donné goût à ma vie et l’a illuminée, et s’il me demande d’être à mon tour « sel de la terre » et « lumière du monde », c’est pour qu’il soit Lui-même Celui qui donnera goût et illuminera la vie des hommes et des femmes de notre monde.
 
Retenons que l’enfouissement et le rayonnement sont l’illustration de la parole du Seigneur : « Vous êtes le sel de la terre et la lumière du monde ».
 
 


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