Homélies


16 janvier 2012 - 2e Dimanche du Temps ordinaire


 Chaque année, vous le savez, du 18 au 25 janvier a lieu la Semaine de Prière pour l’Unité des chrétiens. 

 
Pour celui qui suit un peu les évolutions et le dialogue œcuménique, de réels progrès ont été accomplis et les papes Jean-Paul II puis Benoît XVI en ont fait une priorité de leur pontificat. Aujourd’hui, on peut dire que l’Eglise ne fera pas marche arrière mais poursuivra sa quête indispensable vers l’unité des chrétiens, pour qu’un jour nous puissions tous nous asseoir à la même table et communier ensemble à l’unique eucharistie. Ce jour là, on pourra dire que l’unité est enfin accomplie, selon le désir même du Christ qui a prié le Père pour que nous soyons tous unis, uns dans la foi et la charité.
 
Ce rappel important de ce que le Christ et l’Eglise désirent ensemble pour que notre unité soit parfaite, ne me fait pas oublier les textes bibliques de ce deuxième dimanche du temps ordinaire. Et l’on pourrait se poser la question suivante : en quoi nous aident-ils à vivre et célébrer la semaine de l’Unité ?
 
En considérant d’abord le passage du livre du prophète Isaïe, on peut s’arrêter sur le passage où il est question du Serviteur de Dieu qui reçoit une mission : « Je vais faire de toi la lumière des nations, pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. ».
 
Si l’on pense immédiatement que ce serviteur de Dieu s’est pleinement manifesté en Jésus, la lumière des nations, on doit aussi penser que l’Eglise est à sa suite la lumière des nations, lumen gentium, comme en parle le concile Vatican II, pour que le salut accompli par le Christ parvienne jusqu’aux extrémités de la terre.
 
Ainsi on peut dire que la mission commune d’évangélisation fait de toute l’Eglise la lumière qui éclaire les nations et les hommes pour leur faire connaître la bonne nouvelle du salut. Si chaque Eglise chrétienne a conscience de cette mission, la perspective de l’Unité renforcera la conviction qu’ensemble nous sommes encore plus lumineux pour être la « lumière des nations » grâce à la même foi et dans la même charité. C’est ainsi qu’Isaïe nous stimule aujourd’hui pour œuvrer toujours plus pour l’unité des chrétiens.
 
Avec l’apôtre Paul qui salue les chrétiens de Corinthe, nous découvrons la profondeur de sa vision de l’Eglise : « Je m’adresse à vous qui êtes, à Corinthe, l’Eglise de Dieu, vous qui avez été sanctifiés dans le Christ Jésus, vous les fidèles qui êtes, par appel de Dieu, le peuple saint, avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ »
 
Comment ne pas se réjouir de cette belle affirmation de foi sur l’Eglise. Non seulement l’Eglise de Corinthe, mais aussi l’Eglise universelle, l’Eglise de Dieu, « sanctifiée dans le Christ », l’Eglise qui est « peuple de Dieu », l’Eglise qui comprend « tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ ».
 
Paul nous ouvre ainsi à une dimension d’Eglise bien plus large que chacune de nos Eglises séparés, une vision d’Eglise unie et indivise, sanctifiée, peuple de Dieu. Nous voyons là la réalisation de ce que nous espérons et attendons en priant cette semaine pour que se reconstruise dans la communion et l’unité l’Eglise de Dieu, le Peuple saint, le peuple qui intercède en invoquant le nom du Christ.
 
Quant à l’évangile de saint Jean, il nous fait contempler « l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » mais également « celui qui baptise dans l’Esprit Saint ».
Une des caractéristiques du mouvement œcuménique fut de ramener chacune des Eglises à la source de la foi chrétienne, à savoir le Christ, et se laisser transformer en profondeur par l’Esprit Saint, l’Esprit d’unité.
 
S’il n’y a aucun doute sur le fait que nous croyons au Christ, l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde, et aucun doute aussi sur le fait que notre baptême commun est un baptême dans l’Esprit Saint, nous devons maintenant nous laisser convertir ensemble par l’Agneau de Dieu qui nous a libérés de nos péchés (en particulier le péché de division), et nous devons nous laisser convertir par l’Esprit Saint que nous avons reçu à notre baptême. Dit d’une autre façon : Puisque l’Agneau de Dieu nous a sauvés et que son Esprit nous a sanctifiés au baptême, nous ne pouvons pas continuer à vivre séparés. Il y a urgence pour vivre dans la pleine communion la réalité de notre salut et de notre sanctification. 
 
Voilà bien le sens de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens qui ravive en nous le désir de voir la prière du Christ exaucée et le désir incontestée aujourd’hui de toutes les Eglises chrétiennes de vivre en pleine communion. C’est ce que nous demanderons dans l’eucharistie de ce jour où nous sera donné d’entendre la parole de Jean-Baptiste : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » ; et nous penserons au péché de l’Eglise, le péché de désunion et de division. Mais en même temps, nous vivrons dans la certitude que Celui qui baptise dans l’Esprit Saint continue de communiquer à tous les baptisés son Esprit Saint qui réalise déjà l’unité et qui nous sanctifie chaque jour un peu plus.
 
 


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