Homélies


23 Janvier 2012 - 3e Dimanche du Temps ordinaire (Dimanche de l'Unité des chrétiens)


 La semaine de l’Unité — et aujourd’hui le Dimanche de l’Unité — nous invitent à prier et réfléchir autour du thème : Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière (cf. Ac 2, 42). Pour cela, partons d’abord des textes bibliques de ce 3e dimanche du temps ordinaire.

 
Nous pouvons comprendre le choix qui a été fait de la 1ère lecture, la prophétie d’Isaïe, car elle est reprise dans l’Evangile par Jésus lui-même. Il parle de cette prophétie comme d’une prophétie accomplie : « Ainsi s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe ». Il énonce cette prophétie, précisément parce qu’il se trouve en Galilée dans les territoires de Zabulon et de Nephtali, comme l’évoquait le prophète Isaïe, pour annoncer que « le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. Sur ce qui habitaient dans le pays de l’ombre et de la mort, une lumière s’est levée ». Ainsi, Jésus se présente comme la lumière qui se lève sur les ténèbres. 
 
Et, « à partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ». C’est l’invitation de Jésus à se convertir, c’est-à-dire préférer la lumière aux ténèbres.
 
Mais c’est peut-être avec Saint Paul, dans sa 1ère lettre aux Corinthiens, que l’appel à l’unité est encore le plus fort : « Qu’il n’y ait pas de division entre vous… Le Christ est-il donc divisé ? » 
 
Les Corinthiens auxquels Paul se réfère se sont bien convertis au Christ. Mais ils ont très vite constitué de petits groupes fermés en se réclamant d’un apôtre ou d’un disciple particulier: « Chacun de vous prend parti en disant : Moi, j’appartiens à Paul, ou bien j’appartiens à Apollos, ou bien j’appartiens à Pierre, ou bien j’appartiens au Christ ». C’est là un scandale que Paul condamne avec force pour rappeler qu’il n’y a qu’un Christ mort et ressuscité.
Ainsi, on peut en conclure, dans un premier temps, que la foi ne doit pas avoir d’autre référence que le Christ, quels que soient les disciples qui l’annoncent. Le Christ est la référence première de toute démarche œcuménique. St Paul le dit ainsi : « le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer l’Evangile ». Annoncer l’Evangile, c’est annoncer l’unique Christ-Lumière et Sauveur de l’homme.
 
Dans ce chemin vers l’unité, il y a des réalités importants à vivre ensemble, autour du Christ, avant même toute désignation de nos différences. On peut citer quelques exemples :
- les groupes bibliques œcuméniques, par exemple en Avignon.
- Des rencontres simples et fraternelles entre communautés chrétiennes, signifiant que le Christ est au milieu d’elles. Ce fut le cas pour l’apéritif œcuménique qui s’est déroulé cette semaine invitant les chrétiens à se connaître, à se rencontrer, à échanger.
- Les groupes de prières œcuméniques qui permetttent à des chrétiens encore séparés de faire monter leur prière commune et unique, appelant ensemble Dieu du nom de Père. 
- Tout récemment encore, la publication de la nouvelle TOB (Trad. Œcuménique de la Bible) qui exprime bien le travail et la collaboration de toutes les Eglises chrétiennes pour disposer d’une Parole de Dieu commune.
 
Dans toutes ces initiatives – et tant d’autres encore – on peut entendre la parole de Jésus dans l’évangile comme un appel très fort, lorsqu’il dit aux premiers apôtres : « Venez derrière moi » Comprenons bien : qu’aucune Eglise ne passe devant Jésus avec le risque de causer la division, mais au contraire, que chaque Eglise reste bien à sa place avec le désir unique de suivre Jésus : « Venez derrière moi ».
 
Car il y a toujours une tentation de domination dans la recherche d’Unité, domination d’une Eglise sur les autres Eglises, en oubliant ainsi le Christ comme unique Pasteur, comme unique fondement de l’Eglise, comme unique Sauveur, comme unique Lumière. Ce qui veut dire que l’œcuménisme passe par la pauvreté et l’humilité, par l’obéissance au Christ, par la pauvreté du cœur, par une foi au Christ toujours à convertir.
 
Enfin, sur le chemin de l’Unité, il y a trois actions communes entre Eglises séparées et qui sont la marque d’un réel travail de collaboration en vue de la pleine communion : 
- il y a d’abord l’évangélisation qui est l’annonce de la Bonne Nouvelle du Christ Sauveur. En accomplissant cette mission, à l’égal des disciples de Jésus, nous sommes sur la voie de l’unité car c’est le Christ qui nous unit pour l’annoncer. Annoncer ensemble le Christ est une grande œuvre œcuménique à laquelle nos Eglises sont appelées. 
 
- Il y a ensuite la prière. Par elle, nous élançons nos cœurs vers Dieu en rejoignant le désir du Christ qui nous appelle à l’unité : « Qu’ils soient un ». Dans la prière, l’Esprit Saint créé l’unité et la façonne pour nous découvrir ensemble fils de Dieu et frère des hommes, dans le Christ.
 
- Il y a enfin le service de la charité. Puisqu’en tout homme nous voulons reconnaître la présence de Dieu, sachons qu’en servant ensemble les hommes nous servons ensemble Dieu ; et ce service est créateur d’unité profonde puisque nous agissons au nom même du Christ.
 
Que dans cette eucharistie le Seigneur nous ouvre à son appel pour l’unité par les chemins simples que je viens d’évoquer (l’évangélisation, la prière, la charité). Ainsi, nous serons un peu plus fidèle et un peu plus proche du thème de la semaine de prière : Unis dans l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle, la fraction du pain et la prière.
 
 


image aleatoire
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84000 Avignon

Tel : 04 90 821 221




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